Pourquoi créer une agence de communication vouée à la promotion des cultures émergentes ?
Tout d'abord un constat : à l'heure qu'il est, nous ne disposons d'aucun dispositif permettant à notre ville et à notre département de s'élever dans l'art et la culture. Pourtant, l'expression artistique est un outil essentiel à l'éveil d'une population, pour lui donner la possibilité d'être plus consciente et donc plus apte à exprimer ce qu'elle a à dire. Or, on n’apprendra à personne à quel point l'expression artistique, et l'accès à des activités culturelles sont limités sur une ville telle que Nice.
La promotion des arts y a été trop longtemps dépendante d'un "marché de l'art" sclérosé. Il fallait donc vraiment inventer, développer un outil qui puisse soutenir les nouveaux artistes, représentants de cultures dites émergentes, qui n'ont pu accéder à ce fameux "marché". C'est dans ce cadre que l'agence Fonétiq a été crée : pour se développer, les expressions artistiques émergentes ne peuvent être uniquement accessibles à des professionnels, artistes et autres spécialistes.
Ces nouvelles cultures, par l'intérêt qu'elles représentent, ont un droit légitime à une visibilité médiatique. Inversement, le public a un droit d'accès tout aussi légitime à ces productions.
Quelles définitions peut-on donner aux cultures émergentes ?
Pour mieux comprendre cette expression, qui peut paraître un peu abstraite, une simple lecture du dictionnaire suffit : "émerger", cela signifie retenir l'attention du public par sa qualité, son niveau. Il s'agit donc d'un mouvement en constante maturation et qui s'affirme par l'intermédiaire de différents acteurs.
D'abord les artistes "émergents" eux même : en général, ce sont ceux qui bousculent, qui remettent des principes en question, qui utilisent de nouveaux supports, de nouvelles matières, de nouveaux territoires de créativité. Ils dérangent par leur existence, car eux aussi, réclament leur part de l'industrie artistique.
Ensuite, les cultures émergentes vivent à l'intérieur d'un réseau d'activisme artistique : ceux qui donnent le droit de parole aux artistes émergents, qui les soutiennent, qui les portent vers une meilleure visibilité. Eux aussi appartiennent au mouvement des cultures émergentes.
Et quelle est donc la situation de ces cultures émergentes à Nice et les Alpes Maritimes plus généralement ?
Ne vous fiez surtout pas aux apparences : de ce point de vue, notre département est extrêmement riche. Mais paradoxalement, au niveau des médias et du soutien apportés à ces cultures, ça ne suit pas. On est alors en présence d’un cercle vicieux : si le grand public n'a aucun accès digne de nom à ces artistes, il n'ira pas les chercher, ne se doutant même pas de leur existence.
Il y a également un problème au niveau institutionnel. La politique culturelle actuelle empêche complètement l'émergence d'artistes autres que ceux déjà reconnus par leur pairs. Plus que jamais, on considère la musique comme un produit à vendre qu'il faut rentabiliser le plus vite possible. Mais il faut bien comprendre que nous ne nous considérons en aucun cas comme des ennemis de l'industrie du disque.
Le problème, ce n'est pas que cette industrie existe puisqu'elle correspond à une demande. Non, le problème c'est que ce qu'on considère comme la Culture avec un grand C, soit limité à ce milieu et qu'on ne donne pas la possibilité d'exister à d'autres façons de faire et d'aborder la création. L'exode des jeunes dans notre région est énormément liée à cette situation : quand il est impossible de trouver quelque chose qui te ressemble dans ton environnement immédiat, le premier réflexe est de le quitter.
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